De quoi ont réellement besoin les PME françaises aujourd’hui ?
Les PME françaises en 2024 font face à plusieurs défis et ont des besoins spécifiques dans un contexte marqué par l'incertitude économique et financière. Voici quelques points clés...

Les PME françaises en 2024 font face à plusieurs défis et ont des besoins spécifiques dans un contexte marqué par l'incertitude économique et financière. Voici quelques points clés :

Stabilité Économique et Financière


Les PME françaises sont confrontées à un environnement économique incertain. Elles cherchent à maintenir leur rentabilité malgré une baisse générale des indicateurs économiques depuis 2022 et une confiance en demi-teinte dans les prévisions de rentabilité pour 2024​

Situation Économique Générale


L'année 2024 est marquée par un contexte de croissance modérée et une inflation en baisse. Après une croissance significative en 2022 (+2,5%), l'économie française a connu un ralentissement en 2023, suivi d'une reprise progressive en 2024. L'inflation, qui a atteint un sommet en 2022, devrait diminuer progressivement, s'établissant à environ 2,6% en 2024. Cette situation est le résultat d'une baisse des prix des matières premières et d'un rebond de la consommation des ménages dans un contexte de baisse de l'inflation​​​​.

Santé Financière des PME


Les PME françaises ont montré une résilience remarquable face aux défis récents. Malgré une certaine augmentation de l'endettement bancaire net pendant la crise sanitaire, la majorité des PME ont su maîtriser leur endettement. Moins de la moitié ont augmenté leur endettement bancaire net, avec une tendance à la stabilisation ou à la diminution de cet endettement au fil du temps​​.

Changements Fiscaux


En termes de politique fiscale, les PME doivent s'adapter à de nouvelles règlementations. Le projet de loi de finances pour 2024 introduit notamment le dispositif France Ruralités Revitalisation, visant à soutenir les PME dans certaines zones rurales ou vulnérables à travers des exonérations d'impôt sur les bénéfices et d'impôts locaux. Ce changement est essentiel pour les PME situées dans ces zones, et sa compréhension est cruciale pour bénéficier pleinement de ces avantages​​.

Réponses des Directions Financières


Face à cette situation, les directions financières des entreprises mettent l'accent sur la restructuration organisationnelle, l'activation des leviers technologiques, et l'évolution des modèles de pilotage. Ces changements visent à améliorer l'efficacité, la prise de décision, et à mieux maîtriser les coûts. La gestion des risques, notamment l'inflation et la cyber sécurité, reste une préoccupation majeure​​.
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Ressources Humaines et Emploi


Il y a un retrait général des intentions d’embauche au début de 2024, particulièrement dans le commerce, tandis que les secteurs de la technologie, de la communication, et de l’énergie demeurent dynamiques. Le secteur technologique, par exemple, continue de croître malgré un léger recul​​.

Tendances RH


Les sujets centraux de 2023 comme l'attractivité et la rétention des talents, l'inflation, et les comportements individualistes, continuent d'être préoccupants en 2024. Cependant, de nouveaux enjeux s'ajoutent, notamment le télétravail, l'équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, l'employabilité des seniors, et l'impact de l'IA générative sur les RH. 

Le travail hybride, combinant présence au bureau et télétravail, est désormais la norme. Les entreprises doivent optimiser ce modèle pour maintenir la cohésion et la culture d'entreprise tout en répondant aux besoins de flexibilité des salariés. Cela nécessite des compétences managériales adaptées à la gestion d'équipes à distance et l'investissement dans des technologies facilitant le travail à distance.

Les jeunes générations de collaborateurs, exigeants et individualistes, poussent les RH à personnaliser les parcours professionnels et à offrir des avantages répondant à leurs besoins spécifiques.


Évolution du Marché de l'Emploi


Le marché de l'emploi en 2024 connaît un rééquilibrage après une période faste. Bien que le recrutement soit devenu plus complexe, il reste dynamique, avec des candidats toujours à la recherche des meilleures opportunités. Les entreprises sont désormais plus prudentes dans leur recrutement, privilégiant les candidats ayant un projet professionnel clair plutôt que ceux cherchant uniquement une augmentation de salaire. La rémunération reste un facteur clé, mais les entreprises se focalisent sur des embauches stratégiques et sur l'individualisation des salaires. La rétention des talents, bien qu'importante, est désormais secondaire par rapport à l'attraction de nouveaux talents.

La digitalisation des processus RH est cruciale pour rester compétitif. L'utilisation de systèmes intégrés de gestion des ressources humaines, de chatbots, et de l'intelligence artificielle pour le recrutement améliore l'efficacité et la prise de décision en RH. De plus, les plateformes d'apprentissage en ligne offrent des possibilités de formation flexible et personnalisée.


Les entreprises s'orientent également vers des mesures pour améliorer le bien-être des employés.

Secteurs Dynamiques et Régions


Les intentions d'embauche ont globalement diminué au début de 2024, surtout dans le commerce. En revanche, les secteurs de la technologie, de la communication, et de l'énergie restent dynamiques. La technologie de l'information et le secteur de la communication présentent des prévisions nettes d'emploi élevées, malgré un léger recul. Le secteur de l'énergie, en particulier, affiche une prévision nette d'emploi positive, soutenue par la transition énergétique.


Ces tendances varient également selon les régions, avec des différences notables entre elles. Par exemple, l’Auvergne-Rhône-Alpes et la Provence-Alpes-Côte d’Azur affichent des perspectives d’emploi très encourageantes, tandis que des régions comme la Bretagne et la Normandie connaissent des situations moins favorables. modérées. L'Île-de-France, en raison des Jeux Olympiques de 2024, pourrait connaître des fluctuations importantes dans les besoins en main-d'œuvre.
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Diversité et Inclusion

Diversité des Profils Entrepreneuriaux


L'année 2024 témoigne d'une diversité croissante dans les profils d'entrepreneurs. L'entrepreneuriat devient une option de reconversion professionnelle de plus en plus populaire, contribuant à une plus grande diversité dans l'écosystème entrepreneurial. Une augmentation de la participation des femmes dans la création d'entreprises est observée, avec 45% des entreprises créées par des femmes en 2022. Les femmes sont également de mieux en mieux représentées dans des secteurs traditionnellement dominés par les hommes, tels que le numérique.


Enfin, près de 44% des créateurs d’entreprises n’ont pas de diplôme ou un niveau d’étude CAP/BEP/BAC, soulignant l'entrepreneuriat accessible à tous​​. Cette évolution reflète une démocratisation progressive de l'entrepreneuriat, qui devient accessible à des profils plus variés et sous-représentés.


Implications pour les Entreprises


Les entreprises inclusives ont prouvé qu'elles sont plus susceptibles d'accroître leurs résultats et d'engager leurs talents sur le long terme. La diversité et l'inclusion ne sont pas seulement des enjeux moraux ou éthiques, mais des leviers de développement économique et d'innovation. Les entreprises qui embrassent ces valeurs peuvent s'attendre à une meilleure compréhension et réponse aux besoins des clients, une plus grande performance économique, et un engagement accru de leurs employés.


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Innovation et Technologie


L'innovation et la technologie, en particulier l'intégration de l'intelligence artificielle (IA), sont devenues des axes majeurs pour le développement et la compétitivité des petites et moyennes entreprises (PME) en France. À cet égard, le programme IA Booster France 2030 joue un rôle clé.
Le Programme IA Booster France 2030 vise à soutenir la transformation numérique des PME et des entreprises de taille intermédiaire (ETI) françaises dans divers secteurs d'activité. Ce programme s'adresse spécifiquement aux entreprises comptant entre 10 et 2 000 collaborateurs et réalisant un chiffre d'affaires supérieur à 250 000 euros. Il offre une prise en charge pouvant atteindre 80 % du coût des prestations associées, grâce à une enveloppe de 25 millions d'euros dédiée.

Ce programme est structuré en quatre phases :

  • Sensibilisation et acculturation aux solutions d'IA : Cette phase inclut des outils d'autodiagnostic, des formations en ligne et des webinaires pour aider les dirigeants des PME et ETI à comprendre et à s'adapter aux avantages de l'IA.
  • Diagnostic Data IA : Une prestation de conseil individuelle pour identifier des cas d'usage où l'IA peut créer de la valeur dans l'entreprise.
  • Aide au choix de la solution IA : Une phase de conseil pour déterminer la solution d'IA la plus appropriée et élaborer un plan de mise en œuvre.
  • Expérimentation de la solution IA : Conseil individuel pour commencer le déploiement opérationnel de la solution d'IA choisie​​.

Le programme est plus qu'un simple accompagnement ; il représente un tremplin significatif pour l'avenir des entreprises françaises. En intégrant l'IA, les entreprises peuvent non seulement améliorer leur productivité, mais aussi enrichir leur offre de services. Cette initiative s'inscrit dans un effort plus large pour renforcer la compétitivité des entreprises françaises sur le marché mondial​​.


En parallèle, l'initiative IA-Cluster, financée par France 2030, a été annoncée lors de l'événement Vivatech 2023. Cette initiative, dotée de 500 millions d'euros, vise à renforcer les pôles de formation et de recherche en IA en France, avec pour objectif de positionner de 5 à 10 universités et écoles comme leaders mondiaux en IA. Cette démarche est essentielle pour attirer les meilleurs talents et promouvoir l'adoption de l'IA en France​​.


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Transition Ecologie et Energétique


Les petites et moyennes entreprises (PME) et entreprises de taille intermédiaire (ETI) françaises manifestent une prise de conscience croissante en matière de transition écologique et énergétique. Cette évolution se traduit par une augmentation significative des investissements verts et des actions visant à réduire l'empreinte carbone.


D'après une étude de Bpifrance Le Lab, on observe que les PME-ETI représentent environ 30 % des émissions de carbone de la France, ce qui souligne leur rôle crucial dans la réussite de la transition écologique. Une évolution positive est notée puisque 67 % des chefs d'entreprise interrogés se disent attentifs aux enjeux environnementaux de leur entreprise, un chiffre en hausse par rapport à 31 % en 2020. En outre, 72 % des dirigeants déclarent avoir réduit leurs émissions carbone au cours des cinq dernières années, notamment grâce à des actions comme l'extinction automatique des lumières, le tri des déchets, l'achat d'équipements plus performants énergétiquement et la réduction de l'usage du papier et du plastique.


Concernant les investissements verts, il y a eu une augmentation notable en 2022. Environ 35 % des TPE-PME ont déclaré avoir réalisé des investissements verts cette année-là, une proportion plus élevée parmi les PME de plus grande taille. Ces investissements étaient souvent liés à des actions de sobriété énergétique, une réponse à la crise énergétique et à l'augmentation des prix du gaz et de l'électricité.


Cependant, malgré ces avancées, plusieurs obstacles demeurent. Les dirigeants signalent des défis tels que le manque de temps, la complexité de la transition et des inquiétudes concernant le financement et la perte de compétitivité à court terme. Il est clair que pour une transition efficace, une collaboration étroite entre les PME, l'État et d'autres acteurs est essentielle.


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Conclusion

En 2024, les PME françaises ont besoin d'une approche holistique pour rester compétitives et durables. D'une part, elles doivent embrasser l'innovation technologique, notamment en intégrant l'intelligence artificielle et en explorant les avancées en technologie quantique, comme le souligne le Programme IA Booster France 2030​​​​. D'autre part, elles doivent accélérer leur transition écologique et énergétique, en investissant davantage dans les initiatives vertes et en réduisant leur empreinte carbone, une tendance déjà amorcée mais qui nécessite un engagement plus profond et des stratégies plus ambitieuses​​​​​​. Ce double défi implique une adaptation rapide aux évolutions technologiques et un engagement fort envers la durabilité, tout en surmontant les obstacles financiers et structurels inhérents à ces transformations.

Sources :
https://www.banque-france.fr/fr/publications-et-statistiques/publications/enquete-mensuelle-de-conjoncture-debut-janvier-2024
https://www.budget.gouv.fr/reperes/loi_de_finances/articles/le-projet-de-loi-de-finances-pour-2024
https://infonet.fr/actualite/focus/projet-loi-finances-2024/
https://www.banque-france.fr/fr/interventions-gouverneur/inflation-politique-monetaire-et-stabilite-financiere-bilan-et-perspectives-pour-la-france-et-la
https://www.tresor.economie.gouv.fr/Articles/2023/10/04/publication-du-rapport-economique-social-et-financier-plf-pour-2024
https://www.cci.fr/actualites/le-barometre-des-entreprises-francaises-2024-quelles-certitudes-des-entrepreneurs-dans-un-climat-dincertitudes
https://presse.economie.gouv.fr/16062023-lancement-du-programme-ia-booster-france2030-pour-accompagner-la-transformation-numerique-des-pme-et-eti/
https://www.fonds-publics.fr/aides/programme-ia-booster-france-2030
https://lelab.bpifrance.fr/enquetes/les-investissements-verts-en-hausse-chez-les-tpe-et-pme-francaises
https://bigmedia.bpifrance.fr/etudes/decarbonation-ou-en-sont-les-pme-et-eti-francaises

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